Le Printemps des Abattoirs : Les enjeux d’un projet

Depuis de très nombreuses années, le master Ingénierie de la Création Multimédia et direction artistique de projets a tenté de s’inscrire dans la dynamique du territoire azuréen, et a œuvré au rapprochement entre l’Université, la Ville et la Culture, dans le prisme de la créativité digitale.
Cela se traduit d’abord par son implantation dans le réseau des entreprises de communication et de multimédia azuréennes, qui lui accordent leur confiance depuis le début, en particulier celles qui sont engagées dans une démarche innovante et ouverte aux évolutions du digital : en témoignent les recrutements de nos étudiants ou les créations d’entreprises du secteur dont ils sont aujourd’hui les gérants
Ces rapprochements ont pris aussi la forme d’actions engagées en partenariat entre divers organismes ou établissements artistiques et culturels régionaux et le master, entre autres dans le cadre des projets de second semestre (la réalisation grandeur nature d’un prototype innovant, à la fois au plans culturel, technologique, sociétal et artistique),
Parmi ces réalisations, on peut citer :
- École citoyenne du prendre soin, Galerie interactive de l’art du soin, autour de la maladie d’Alzheimer, en partenariat avec la Maison de la Médecine et de la Culture (2015-2016)
- Anti salon du sucre 2014-2015
- MICM Lab (2013-2014) (Cette année-là, le projet s’est nourri d’une réflexion sur les nouveaux paradigmes esthétiques, techniques et économiques que redéfinissent les Fab Labs…)
- L’Art peut-il nous aider à vivre ensemble (2) ? (2012-2013), avec la Fondation Maeght
- La surexposition du printemps (2009-2010), en partenariat Le Printemps des arts de Monte-Carlo
- IMAGE[in]C.A. 2009-2010, une cartographie sous forme de web-docs des entreprises multimédia de la Côte d’azur.
Aujourd’hui, à travers l’IDEX, l’UCA, cette dynamique de l’université prend un nouvel essor et invite à l’approfondissement de ses relations avec les territoires de la culture et les entreprises azuréennes.
C’est dans ce contexte que le projet de second semestre de cette année prend tout son sens : il s’agit d’œuvrer à la métamorphose en cours de la région azuréenne et de ses relations avec son université, dans les domaines de l’innovation : une innovation indissolublement sociale, artistique et technique.
Ce projet a ainsi pris la forme de diverses réalisations conduites en tandem entre certains lieux de culture innovants relevant du chantier Sang-neuf et de ses anciens abattoirs (et en particulier le Hublot, partenaire pédagogique du master), et les étudiants du master MICM.
Le choix de ce site ne doit rien au hasard, car il est destiné à devenir un haut lieu de la culture émergente, associant résolument, dans une perspective interdisciplinaire, les collectivités, les entreprises innovantes, et la culture numérique - ce chantier sang neuf s’inscrivant à ce titre dans le droit fil de l’un des centres de références projetés dans le cadre de l’UCA autour des défis du numérique, et de son académie d’excellence, elle-même structurée autour de l’axe « Homme, idées et milieux ».
Les étudiants ont œuvré autour de trois axes, relevant du patrimoine et de sa conversion/connaissance ludique er numérique, de l’innovation sociale et culturelle , et des métamorphoses de l’art : autant d’approches qui ouvrent un horizon d’attente en prise directe avec les attentes de la culture et de l’université Côte d’azur, et qui préfigurent la création de programmes de recherche et de formation innovants. Ces travaux participent de la promotion de la transdisciplinarité et du renouvellement des approches voulues par l’UCA, approches appelées à se projeter sur des objets à forts enjeux scientifiques ou sociétaux, et dont l’ancrage territorial est une condition essentielle de réussite.
« Pré-Faces », qui met en scène les perceptions, les représentations, les imaginaires et les projections visuelles des habitants du quartier sur les anciens abattoirs : ce lieu en devenir est en pleine métamorphose.
« Transforadio », Exposition artistique utilisant les imageries médicales des habitants issus du quartier des Abattoirs pour à mettre au jour la transformation des anciens Abattoirs en tant que lieu qui tend vers une seconde vie.
« Moi abattoirs », est un serious game pédagogique et ludique qui a pour objectif de raconter sous une forme originale l’histoire des Abattoirs. Intégralement inventé par Jullian Braccalenti, Loïc Dubois, Bastien Lapouille et Benjamin Tanguy du master 2 ICM, dans le cadre du projet de fin d'étude, il est produit sous iicence créative commons.
Puissent ces travaux éveiller la curiosité et l’intérêt des acteurs et décideurs qui orientent l’avenir du territoire azuréen et de son université en mutation. Le master est prêt, pour ce qui le concerne, à prendre toute sa part, en relation avec le laboratoire dont il relève (SIC-LAB), avec ses partenaires des Abattoirs et du chantier Sang-Neuf (et singulièrement l’Entrepont, le Hublot, mais aussi le Forum de l’urbanisme), et avec la vision innovante qu’il porte depuis le début, à la dynamique engagée à travers l’UCA, en vue de répondre aux enjeux et aux défis majeurs de société qui nous attendent.