Préconisations des étudiants de Transforadio

Suite à l’évènement du 22 avril et de notre contact avec les visiteurs, nous avons relevé plusieurs points à développer dans le cadre de ce lieu de création artistique.
Ce que nous avons pu observer, c’est que le lieu des anciens Abattoirs n’est pas un lieu de participation autonome.
Ainsi, nous avons pu noter le fait que les visiteurs sont particulièrement réceptifs à l’interaction possible avec les œuvres d’art ainsi qu’à l’échange avec les artistes. Ils souhaitent un art plus accessible et plus ouvert à tous. C’est pourquoi, il serait intéressant de mettre en place des expositions sortant des cadres habituels et qui engendrent une réelle collaboration entre artiste et visiteur au service de l’art. Nous avons eu l’impression que les évènements organisés au sein des Abattoirs étaient davantage désirés que le lieu lui-même.
De plus, il est impératif de repenser la communication du lieu. Dans un premier temps, il faudrait s’adresser au public de proximité en interagissant directement et activement avec les habitants du quartier. Dans un second temps, une communication plus globale, qui s’adresserait à toutes les instances culturelles de la ville de Nice et plus. Il serait intéressant de réfléchir à un meilleur circuit de distribution print (flyer, affiche) et ne plus se cantonner aux alentours des Abattoirs. L’intérêt principal est de rendre vivant les Abattoirs et son quartier et cela passera par un dynamisme et un flux de visiteur venant de toutes parts. Enfin, une présence active sur les principaux réseaux sociaux (Facebook, Instagram, Snapchat, Twitter, etc.) afin d’agir et d’échanger avec son public. En redorant l’identité numérique du chantier 109, son identité physique connaîtra une nette amélioration générale.
Le chantier 109 se retrouve à un croisement de son activité et de son image. Il est possible, grâce à une volonté commune, de lui donner un second souffle. Les anciens Abattoirs représentent un endroit où se mélange l’art et l’éducation afin d’éveiller les intéressés. Cependant, comme nous l’avons déjà fait remarquer, un manque de dynamisme est présent et garde ces murs dans l’état qu’ils sont. Par exemple, nous avons vu ces dernières années une véritable croissance dans le domaine du Street Art, et en ouvrant ses portes, en partageant massivement son action, le chantier 109 pourrait proposer une démarche artistique et éducative à grande échelle.
Nous pensons que les travaux des trois axes ont fait partager avec les visiteurs des valeurs de transmission, d’implication, de questionnement, et cela par des supports numériques, plastiques et relationnelles.
Quant aux suggestions qui découlent de notre évènement, nous jugeons que pour impliquer les publics il faut impérativement que les évènements qui s’installent aux Abattoirs proposent des contenus explicatifs, en rapport avec les lieux. Il faut éviter de faire abstraction de l’histoire concernant la métamorphose des Abattoirs, afin de ne plus voir ce lieu comme un simple espace d’accueil. Par ailleurs, afin d’inciter les citoyens à réinvestir le lieu, il serait intéressant de mettre en place des évènements récurrents, qui feraient du chantier 109 un moteur de vie culturelle.


7 oeuvres pour un seul concept...

Process par Romain Menassol

Cette réalisation interprète le procédé d’abattage avec un aspect ludique et pédagogique par l’utilisation des Lego.
Process permet de rentrer dans l’atmosphère de la transformation, de la fracture avec le passé et du tabou visuel qu’a été pendant longtemps les anciens Abattoirs.

Chambre Froide par Kevin Caro

Dans l’étape de l’abattage, après la manipulation/transformation d’un corps vient l’étape du stockage dans une chambre froide. La chambre froide est un lieu clos, qui n’est pas dévoilé au public.
L’idée de notre proposition est de faire une analogie entre une chambre froide comme un lieu fermé, où les corps y sont fracturés et latents et la situation actuelle du quartier des Abattoirs (site en convalescence, en attente de sa métamorphose). Il s’agit de montrer au public, ce qui ne doit pas être vu, pour l’impliquer dans les interrogations des lieux.

Des[seins] par Meryem Salmi

Dessein montre le corps d’une femme ayant subi une mastectomie suite à un cancer et dont le sein a été marqué par une cicatrice. Dans le processus de mutation des Abattoirs vers un lieu artistique, les traces du passé ne devraient pas être cachées mais au contraire sublimées et revalorisées. Cette réalisation fait appel à un art japonais ancestral, le « Wabi-sabi », qui trouve la beauté dans l’imperfection. Cet art est associé à la technique de réparation japonaise, « le Kintsugi » qui sublime la cicatrice par un dessin aux marqueurs indélébiles de couleurs or, argent ou platine.

Morphofracture par Fernanda Pirró

Une analogie entre la métamorphose que les Anciens Abattoirs ont vécu suite à la fermeture de la chaîne d’abattage et la métamorphose d’un os cassé pendant le processus de réparation.
Les deux ont une fracture « cachée », à la limite de l’invisible, qui guérie avec le temps mais qui reste toujours présente physiquement et laisse une trace dans la mémoire. Mémoire collective pour les Abattoirs et mémoire individuelle pour le corps humain.

Animal Puzzle par Tess Duhem

Animal Puzzle permet, par l’action du visiteur, de redonner forme à cette vache. Il existe deux types de pièces : des pièces bleues représentant les os spécifiques à la vache et des plus foncées, issues de radiographies, qui correspondent à des éléments de squelette humain étant similaires à ceux de la vache. Autrefois les vaches étaient abattues, démembrées par des humains, aujourd’hui ils la reforment.

Mise en Relief par Laura Gasparet

Mise en relief permet, par le toucher, de ressentir la rupture passée et présente des Abattoirs et de ses alentours.
Ainsi, cette réalisation propose de sentir du bout des doigts l’harmonie future de ce lieu avec son environnement.

Ensemble vivant par Ahmed Ben Mahmoud

Cette réalisation tend à démontrer que les abattoirs sont un ensemble vivant tout autant qu’un corps humain. En créant une analogie entre chaque membre du corps humain et chaque partie des Abattoirs. L’écran tactile permet à l’utilisateur de vivre une expérience interactive, afin de comprendre l’enjeu de l’œuvre. À travers le tactile et l’image, l’utilisateur vie et sent la transformation des parties du corps par des images qui représentent les activités des abattoirs.